RSP Sensoriel

Concept

Somatisations : Où ?

 

Il ne faut plus croire que le dernier geste effectué soit la cause de l’émergence d’une douleur. Une tendinite peut survenir à la suite d’une série de mouvements répétitifs mais, dans ce cas, elle s’atténuera dès que le système réparateur aura rempli sa mission. Elle perdurera si son origine est autre et si le point de cristallisation s’avère moins anodin qu’il n’y paraît. Que ce soit à droite ou à gauche, au niveau des membres ou de la colonne vertébrale, il existe là aussi des pistes qui nous aident à mieux identifier la source de nos maux.

 

Latéralisation

 

Prenons la latéralisation, droite et gauche. Un grand nombre d’observations ont été faites sur le sujet. Là non plus, le hasard ne semble pas avoir de prise. Le cortex cérébral contient trois milliards de cellules nerveuses grises qui constituent les différents centres de commande et de sensibilité. Divisé en deux hémisphères, l’un est plus développé : pour le droitier, c’est son hémisphère gauche et vice versa pour le gaucher.

 

Le plus développé a en charge la pensée, la logique, le langage et touche à ce qui est  rationnel, conscient et volontaire. L’autre a la charge de l’imaginaire, de l’artistique, de l’espace, de l’intuition, de l’affect, de la mémoire et gère tout ce qui touche à l’irrationnel, l’inconscient et l’involontaire. Ces deux hémisphères coopèrent pour apprendre.

 

Nous sommes amenés à penser que le côté de l’émergence dépend de l’origine de la perturbation. L’expérience que j’ai pu recueillir de toutes ces années concourt à corroborer ce qui vient d’être écrit en m’appuyant sur deux observations. La première concerne le côté dominant avec le cortex le plus logique, le droit chez le droitier, qui est associé à l’élément masculin, alors que le côté le plus sensible, le gauche chez le droitier, l’est avec l’élément féminin. Certains individus sont plus fragiles d’un côté  que d’un autre. En les inv

 

itant à y regarder de plus près, ils vont en effet retrouver la personne qui est la raison ou la cause de ces dysfonctionnements. Ainsi ce confrère qui manifestait des troubles essentiellement sur son côté gauche et qui se rapportaient aux difficultés de communication qu’il avait eu avec sa mère. Cette constatation se vérifie dans notre pratique quotidienne.

 

La seconde s’appuie sur les prédominances énergétiques. Le côté droit dépendrait de la sphère hépato-biliaire. Quant au côté gauche, il serait celui des soucis et des contrariétés qui dépendent de l’estomac et se rapportent à la Terre.

 

Les chaînes

 

Notre corps est constitué d’ensembles d’éléments de même nature qui se succèdent et assurent la liaison des informations pour réaliser un travail ou remplir une fonction. On en retrouve plusieurs à commencer par les vaisseaux ou les circuits nerveux. Certains nous intéressent plus particulièrement, ceux que nous sommes en mesure de matérialiser. C’est le cas des principaux méridiens d’acupuncture qui sont composés d’un ensemble de points  palpables à la main sous forme de petites vacuoles. Ces méridiens sont porteurs d’informations énergétiques, fonctionnelles et émotionnelles.

 

La RSP emprunte ses Chaînes Organo–Musculaires (COM) aux voies de la Microkinésithérapie. Cette dernière propose trente voies musculaires qui se matérialisent par un micro-mouvement se propageant le long d’une voie. Chacune de ces voies représente un ensemble comprenant des éléments sanguins, nerveux, musculaires, osseux et un organe. A la différence de la Micro, la RSP privilégie la notion d’onde vibratoire à celle du micro-mouvement. De même, elle privilégie la correspondance physiologique et émotionnelle de l’organe, support d’un mode comportemental,  qui va donner son nom à la COM. Comme nous pouvons le constater, ces chaînes constituent des réseaux d’information et de communication importants.

 

Le choc initial, ou perturbation primaire, peut se situer à n’importe quel endroit d’une chaîne, se propager et se répandre fort loin de son lieu d’origine. Il ne se manifeste pas n’importe où mais choisit le maillon le plus fragile pour émerger. Cette propagation de la lésion primaire à des lésions secondaires à distance avait déjà été observée par Sutherland dans « the cranial bowl » dès 1939. C’est ainsi qu’une sciatique peut avoir un choc initial situé au niveau de la boîte crânienne ou de la colonne cervicale. C’est la correction de la lésion primaire qui entraînera la cessation de la douleur dans la zone du maillon faible. Il ne faut donc pas s’étonner si tant de désordres persistent malgré les actions conjuguées de divers intervenants sur le siège même de la douleur.

 

 

La colonne

 

L’empilement des vertèbres les unes sur les autres, ainsi que leur forme, ne sont pas fortuits. La colonne présente des courbures qui caractérisent sa force, sa résistance et sa mobilité. De leurs amplitudes dépend l’harmonie. Elle peut présenter des troubles fonctionnels sans que les examens pratiqués, les radios en particulier, ne montrent de signes structurels. Pour mieux le comprendre, il nous suffit de revenir aux émotions repoussées. La pression émotionnelle s’ajoute à la pression mécanique ce qui se traduit par des douleurs. Et comme la colonne est elle-même une chaîne en rapport avec les organes, donc le psychisme, elle apparaît comme un lieu privilégié des messages que le mental nous adresse.

 

La région cervicale permet la flexibilité et donne la capacité de voir ce qui se passe sur les côtés et derrière soi. Dans le cas des vertiges, cela ne l’est plus. Elle reste le lieu de manifestation privilégié de l’anxiété et de l’angoisse. La tension émotionnelle figeant les muscles crâniens, ceux de l’occiput en particulier, va limiter la mobilité de la boite crânienne et transférer les pression vers la colonne cervicale. Cet excès de charge accentue la pression mécanique et se traduit par des douleurs ou des troubles fonctionnels comme à chacun des étages vertébraux.

 

La partie moyenne C3-C4 est en rapport avec le gros intestin (COM V2) qui assure le cheminement des matières « impures » vers l’extérieur. Il caractérise la parfaite organisation – la rigueur - ou bien la « saleté » en cas de dysfonctionnement. La partie basse, C5-C6, l’est avec le cœur (COM V3), lié à la vitalité, l’affect, l’abondance, mais à trop en vouloir, on risque d’en manquer. Cette dernière est le siège des hernies discales cervicales se rapportant à des conflits affectifs.

 

La zone scapulaire, celle qui se situe entre la nuque, les épaules et le sommet du dos, s’avère être le lieu d’extériorisation des émotions affectives enfouies. Les bronches (COM V4) et les poumons (COM V5) renferment la personnalité profonde de l’individu avec ses aspirations. Leur extériorisation le libère alors que leur intériorisation le rend triste, renfermé et… prisonnier de lui-même.

 

Au niveau dorsal siègent les organes digestifs : l’intestin grêle (COM V6), la rate (COM V7), le foie (COM V8), l’estomac (COM V9), le duodénum (COM V10). Structurellement, cette zone correspond au sommet de la courbe cyphotique, l’arrondi du dos, la véritable clef de voûte de la colonne. Il est facile de comprendre que les insatisfactions et les frustrations affaibliront cette région et que la culpabilité aggravera les tensions musculaires. Ainsi le foie et la vésicule biliaire définissent, lorsqu’ils sont en déséquilibre, le colérique mais aussi la peur du devenir et l’injustice, la vésicule étant l’arbitre qui prend les justes décisions. L’estomac et la rate, liés à l’action, inclinent au stress en cas d’hyperactivité. A vouloir trop en faire et souvent à la place des autres, on en arrive au déséquilibre physique et psychique. La rate, qui régit la forme physique du jour, exprime le doute, le manque de confiance et l’insatisfaction. L’ulcère signe le débordement du système réparateur. Si rien n’est fait pour le restaurer, l’évolution peut conduire à la dépression. La culpabilité aggravera les tensions musculaires et ce d’autant plus que cette zone correspond au sommet de la courbe cyphotique, l’arrondis du dos, véritable clef de voûte de la colonne soumise aux pressions mécaniques.

 

La colonne lombaire comprend de grosses vertèbres qui  soutiennent le reste de la tige vertébrale, lui donnent sa force et sa solidité. Bien que résistante, cette région est souvent fragilisée parce qu’elle est l’un des lieux de manifestation prépondérant de deux organes, le pancréas et l’utérus chez la femme ou la prostate chez l’homme. Le point d’accrochage du pancréas (COM V12), en rapport avec l’élément Terre, se situe entre les quatrième et cinquième vertèbres lombaires. Chargé entre autre d’assimiler le sucre dans l’organisme - la représentation de la douceur - sa perturbation signe la dureté, la tristesse, la « panne de croyance », la non réalisation de son être dans son nid familial.

 

Les hernies discales. J’ai très souvent retrouvé dans ces pathologies des événements remontant six à douze années plus tôt qui étaient à l’origine de l’affaiblissement des défenses structurelles. L’image de la pression émotionnelle qui aggrave la pression mécanique prend ici toute sa signification. Produire une hernie discale nécessite du temps et l’accumulation d’événements de même type. La grosse hernie avec délabrement des tissus n’est pas guérissable autrement que par l’intervention chirurgicale, ce qui n’est pas le cas des petites hernies qui peuvent revenir au stade de protrusion, c’est à dire d’un simple bombement discal, et des protrusions à celui de l’état normal.  

 

 

Les membres inférieurs

 

Ils ont la particularité de devoir, à la fois, porter la partie supérieure du corps et supporter le contre appui lors du contact avec le sol, c’est dire si leurs contraintes sont importantes. Pour faire face, ils sont deux mais ne vont faire plus qu’un au niveau de la colonne qui prend son assise sur le bassin.

 

C’est avec les pieds que l’homme marque son territoire et c’est avec les membres inférieurs qu’il se meut. Tout déplacement est une succession de pertes d’équilibre, source de perturbations. Les membres inférieurs sont nos vecteurs de mobilité et nous invitent à entrer en relation avec les autres. Des trois articulations qui les composent et qui sont les piliers de la relation pour aller vers les autres :

 

La hanche relie le membre inférieur au tronc. Elle représente la puissance profonde et symbolise la famille. Les deux ne vont faire plus qu’un au niveau de la colonne. Elle doit allier la force à l’équilibre, la solidité à la mobilité.

 

Le genou est la zone d’union entre la cuisse et la jambe, le « je-nous », la capacité à plier, à accepter l’ouverture. Il lui faut supporter le poids et les pressions qui viennent du haut et les contraintes du contre appui qui viennent d’en bas. Il peut donc ployer sous la charge physique mais aussi émotionnelle et se dérober, entraînant des lésions structurelles.

 

La cheville et le pied, la finesse et la souplesse, représentent la symbolique du territoire : « mon domaine à moi… » Ils se rapportent également à la direction à emprunter et un changement d’orientation peut provoquer une entorse, une modification de l’objectif initial.

 

Les membres supérieurs

 

A la différence des membres inférieurs qui travaillent en appui, les membres supérieurs le font en suspension. Ils sont telle une flèche de grue et servent à établir des communications par des signes et des gestes comme prendre en se refermant, donner en s’allongeant ou se défendre en repoussant. Ce sont surtout les muscles et les tissus « mous », ceux qui maintiennent le membre au tronc, qui souffrent et sont des clignotants.

 

L’épaule est une zone de somatisation des difficultés que l’on ressent à ne pouvoir aller vers les autres. A l’extrême, c’est l’image de la vénus de Milo qui ne peut aider qui que ce soit puisqu’elle n’a plus de bras  ni se faire aider puisqu’elle même ne peut plus s’agripper. Cette articulation présente les caractéristiques d’une très grande mobilité et tout frein limite ses amplitudes soit par atteinte musculaire soit par l’intensité de la douleur. Les périarthrites ou capsulites rétractiles en sont les meilleurs exemples.

 

Le coude, comme le genou, est une articulation intermédiaire et régulièrement soumis à un changement d’orientation. Une douleur siégeant au bord externe, type épicondylite, est plus liée à des ennuis matériels, des émotions viles et non exprimées. Le bord interne – épithrocléite -l’est plutôt avec la vitalité, la peur morbide.

 

La main est une merveilleuse technologie. Tout y est : récepteurs sensitifs très spécialisés pour un ressenti du toucher (il est possible de voir avec ses mains), précision du mouvement allant du plus grossier (celui d’une manutention) au plus fin (celui du pianiste par exemple)… qu’il appartiendra de connaître, de découvrir et d’utiliser. Elle peut avoir de nombreuses significations et exprime des sentiments positifs ou négatifs selon qu’elle cherche à attraper ou à repousser.