RSP Sensoriel

Concept

Le système réparateur : Fonctionnement

 

La santé est la résultante d’une harmonie entre les différentes fonctions qu’elles soient physique ou psychique. Le rôle tenu par le système réparateur est primordial. Il est capable de reconnaître les dysfonctionnements cellulaires - toutes modifications chimiques et biochimiques - et de les réparer sur-le-champ par ses propres moyens. C’est le principe d’autoguérison. L’organisme a tout ce qu’il faut pour se restaurer. Les modifications chimiques du milieu intérieur sont repérées et corrigées et ce de façon automatique. Le maintien de notre système réparateur en bon état de marche est donc impératif.


On a pu voir, lors de la description schématique du développement de la cellule, le rôle capital tenu par l’ADN. Deux autres éléments, dérivé de l’ADN, tiennent ont leur importance dans le fonctionnement du système réparateur : l’ARN et les enzymes. 


Une partie de l’ADN, l’euchromatine (ADN structural) dans laquelle s’inscrit le génome, véritable banque de données qui représentent l’ensemble du programme génétique de l’être vivant, passe son information génétique d’une cellule à l’autre, d’une génération à l’autre (la réplication). Il la transcrit dans une autre macromolécule, l’ARN, molécule à un seul brin et plus courte (5000 nucléotides au lieu de 3 à 10 millions dans l’ADN) qui peut voyager à l’extérieur du noyau de la cellule vers la zone d’activité et traduire, à son tour, cette information pour la fabrication de protéines spécifiques. Ces trois processus, réplication, transcription, traduction, sont les mécanismes fondamentaux de la vie.


Ces étapes sont dirigées par un type particulier de protéines, les enzymes, qui exécutent les ordres de l’ADN. Elles interviennent dans les réactions chimiques qui élaborent le code génétique en les accélérant à une vitesse telle qu’aucune variation ne va perturber l’équilibre acido-basique ni la température du milieu intérieur. Quant à leur configuration tridimensionnelle, elle leur permet de se lier à d’autres molécules, les substrats, qu’elles vont aider à se transformer en les divisant, les assemblant, leur enlevant des parties spécifiques ou leur en ajoutant d’autres avec une précision et une vitesse incroyables.

 

Le système réparateur

 

Bien que son fonctionnement ne soit pas aujourd’hui connu dans ses moindres détails, il est possible de retenir la synthèse que propose un médecin américain, le Docteur Weil. Il dépend d’une interaction coordonnée de facteurs stimulant et inhibant qui affectent le développement et la prolifération des cellules. C’est le couper-coller en informatique.

 

L’ADN contient toutes les informations nécessaires à la fabrication des enzymes afin de se réparer lui-même. Le système réparateur opère continuellement et se trouve être toujours en alerte. L'apparition d'une lésion stimule automatiquement le processus de réparation. Le système réparateur est capable d'établir un diagnostic, reconnaître la lésion, éliminer la structure endommagée et la remplacer par une structure saine, contrôler à tout moment les opérations qui maintiennent une structure et une fonction normales. La guérison est spontanée. C'est dans la nature même de l'ADN.

 

Prenons un exemple pour éclairer cette synthèse :

 

 

Si vous vous promenez en été en plein soleil et que vous avez oublié de vous protéger la tête, cette négligence peut avoir pour conséquence un coup de soleil (A). Et bien, immédiatement après avoir établi le diagnostic (B), l’enzyme qui a reconnu  l’erreur (endonucléase) coupe le brin affecté par la lésion pendant qu’une seconde enzyme (exonucléase) coupe l’autre extrémité, éliminant ainsi la partie atteinte (C). Une troisième enzyme, (la polymérase I), comble alors le vide avec les nucléotides sains et enfin une dernière, (l’ADN ligase), ré assemble les parties coupées (D).

 

                                   A                                                                B                                                         C                                                             D

 

                                                                                                                      

Notre corps perd constamment les couches supérieures de son épiderme tandis que les couches inférieures fabriquent une nouvelle peau tous les 28 jours. De même, une plaie cicatrisera d’elle-même à condition bien sûr d’avoir été auparavant nettoyée et désinfectée tout comme la fracture sans déplacement. La muqueuse de l’appareil digestif se régénère entièrement chaque jour et le foie, l’un des plus gros organes du corps, peut retrouver, en quelques heures, jusqu’à quatre-vingt pour cent du tissu qui lui aura été enlevé. Quatre mois sont nécessaires pour le renouvellement des cellules sanguines. Plus longue sera la transformation des os de tout le squelette : il faudra cinq années alors que celle de tous les muscles en prendra sept.

 

Les cellules souches

 

Ces cellules sont présentes chez tous les êtres vivants multicellulaires. Elles jouent un rôle central dans le développement des organismes ainsi que dans le maintien de leur intégrité. Ce sont des cellules indifférenciées capables - d’une part de générer des cellules spécialisées par différenciation cellulaire et  - d’autre part de se maintenir dans l'organisme par prolifération ou division asymétrique. L'étude des cellules souches animales a récemment connu une rapide expansion avec la mise au point de techniques permettant de générer des cellules souches pluripotentes (différenciation en cellule : -d'un des trois feuillets embryonnaires, -du trophectoderme, - germinales) à partir de n'importe quelle cellule du corps.  Le prix Nobel de médecine 2012 a été décerné à Shinya Yamanaka, le chercheur japonais qui a mis au point la technique de fabrication des cellules souches pluripotentes induites

 

Les cellules souches pluripotentes induites sont obtenues à partir de cellules adultes différenciées, comme des fibroblastes de la peau. Elles sont reprogrammées de manière génétique et peuvent alors se multiplier à l'infini et donner différents types cellulaires. Elles sont souvent capables d'effectuer deux types de division cellulaire :

- une classique dite symétrique : la cellule se divise en deux cellules souches

- une asymétrique : d'un côté une cellule qui conserve l'ADN original, de l'autre une cellule qui va acquérir les spécificités du tissu à réparer.

​Ainsi, l'utilisation de la division asymétrique permet à une population souche de maintenir son nombre plus ou moins constant lors de la production de cellules différenciées.

 

Chaque jour, notre corps fabrique 3 millions de ce type de cellules qui sont dites de réparation. Elles sont présentes et dispersées dans tous les organes du corps humain (peau, intestin, cerveau, foie, cœur…) plus ou moins rassemblées dans des micro-environnements appelés niches. Les études récentes démontrent la capacité innée de l’organisme à se régénérer (système réparateur). Le dérèglement interne serait perçu par les cellules souches de la moelle osseuse (suite à des signaux envoyés grâce aux cytokines) qui auraient la capacité de migrer vers l’organe endommagé. Pour trouver l’organe, des cellules d’adhérence les chasseraient dans le sang pour les guider vers l’endroit à réparer. Là elles y prolifèreraient, se différencieraient et se transformeraient en cellules de cet organe. 

 

Ainsi le foie en possède pour fabriquer les hépatocytes, le cœur pour fabriquer les cardiomyocytes, la moelle osseuse pour fabriquer les globules rouges et blancs et les plaquettes ainsi que tous les autres organes. Ce phénomène se produit en dehors de toute agression. Les différents tissus qui constituent notre corps se renouvellent en permanence à des rythmes différents : les globules blancs dans la moelle osseuse vivent 7 jours, les entérocytes dans l’intestin grêle 4 à 5 jours, une nouvelle peau tous les 28 jours, un nouveau foie tous les 3 ans, un nouveau poumon tous les 4 à 6 ans, un nouveau cœur tous les 24 à 40 ans. Il en va de même pour le cerveau (neurones et cellules gliales), l’intestin et même le pancréas. Mais avec le vieillissement cellulaire, ce phénomène de récupération et de régénération s’avère moins performant.

 

L’organisme est donc bien armé pour se maintenir dans un état d’équilibre harmonieux et se défendre contre les agressions. Un certain temps est nécessaire au système réparateur pour remplir sa fonction. Si les perturbations persistent au-delà du temps de cicatrisation normale, trois semaines environ, quand en médecine chinoise le Yang devient Inn, quand l’aigu devient chronique, il y a fort à parier que le système réparateur soit altéré et doive être restauré à son tour.